ALPHA MAHAMAN IBN MUBAREK, ET SES EFFORTS AU SERVICE DES MANUSCRITS AJAMI DE TOMBOUCTOU (1874 - 1958)

  • I. Z. BARAZI
  • M Halassi
  • A Dramé

Résumé

Le Shaykh Alpha Mohamad a beaucoup œuvré au service de l’écriture arabe, particulièrement, à celui de l’écriture de la langue songhaï en lettre arabe ; il nous laissa beaucoup d’œuvres. Nous nous sommes basés, dans ce travail, sur deux de ses manuscrits dont le premier : est enregistré sous le N° 5605 de l’Institut Ahmad Baba de Tombouctou. Il est un peu ancien, et nous ignorons la date de sa rédaction ; le deuxième : nous l’avons trouvé dans la famille du Shaykh à Diré, il fut rédigé en date du 25 septembre 2004. Nous l’avons intitulé : l’avertissement de soi de suivre le caprice. Il est à noter que chacun de ces deux manuscrits sont composés de 86 verres. Le manuscrit traite le thème du sufisme et regorge un nombre de conseils. L’élogieux du Messager (PSL), s’est-il fait appeler, commença sa poésie en s’adressant à soi-même de ne pas commettre la fraude, l'amusement inutile, la vantardise ; de ne pas pratiquer le libertinage, l’abomination, l’espionnage chez les gens, la divulgation des informations par quelque moyen que ce soit, le regard des femmes d’autrui et de se régaler de leur parler etc. de même, il invitait à s’éloigner de la fornication et de tous les péchés. Le chercheur a cerné les traits caractéristiques du sufisme dans le manuscrit ; en partant des termes évoqués du sufisme et de suite de l’analyse phonétique ; jusqu’à ce qu’il atteint ce résultat dont la teneur est : que le Shaykh commença par les phonèmes ordinaires de l’Arabe et lorsqu’il s’aperçut que qu’il y a d’autres phonèmes que l’Arabe ne connait pas; il inventa des phonèmes calqués sur ceux existants de l’Arabe, en procédant à une reforme harmonisée afin de les rendre conforme avec la langue songhaï. Quant au lexique, il utilisa la langue songhaï dans sa généralité, en se basant sur le dialecte de Tombouctou, car il fut le dialecte répandu de son milieu ; d’autre part, il utilisa d’autres mots répandus qui n’étaient du dialecte de Tombouctou, mais qui seraient utilisés aux alentours de Diré. Il est à observer qu’il emprunta une quantité de mots de l’Arabe. Et s’il s’agissait du mètre de la poésie, il fit son possible à imiter Al-khalil dans sa méthode verticale ; malgré cela, il fut approuvé dans la forme.

Publiée
2020-03-07
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Articles