Quelle prise en charge pour les gros goitres ? expérience de l’Hôpital National de Niamey.

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A Saïdou

Résumé

Objectif : Les gros goitres, le plus souvent symptomatiques, demandent une prise en charge particulière, l’objectif de cette étude était de rapporter notre expérience dans leur prise en charge en soulignant l’importance de la pluridisciplinarité.
Patients et méthode : Il s’est agi d’une étude prospective incluant des patients opérés de goitre volumineux, dans le service de chirurgie digestive de l’hôpital national de Niamey (HNN) sur une période de 19 mois. La pièce opératoire était pesée fraiche au bloc. Tous les patients dont le poids de cette pièce de thyroïdectomie était supérieur ou égal à 150 grammes avaient été inclus.
Résultats : Au cours de la période d’étude, 27 cas de gros goitre ont été retenus, soit une fréquence de 24,11%. Il s’agissait de 25 femmes et de 2 hommes de 25 à 83 ans soit un sex ratio de 0,08. L’âge moyen était de 50,55 ans. A l’examen clinique, le périmètre moyen du cou était de 38 cm et 59,26 % des malades avaient consulté pour des signes de compression à type de dysphagie, de dyspnée dans respectivement 29,63% et 22,22% des cas. Les patients étaient en euthyroidie dans 33,33 % des cas (n=9), hyperthyroïdie dans 51,85% des cas (n=14) lors du bilan initial. Tous les patients étaient classés grade III (classification OMS de goitre) et avaient été opérés par voie ouverte, sous anesthésie générale avec une intubation orotrachéale dont 7 cas d’intubation difficile (25,92%). Il a été réalisé 59,26% de thyroïdectomie totale, 18,52% de thyroïdectomie subtotale, la lobo-isthmectomie dans 22.22% des cas. Le nerf laryngé récurrent avait été disséqué et identifié chez 77,78% des patients (n=21). La durée opératoire moyenne était de 2 heures 35 minutes. Le levothyrox a été donné chez 59,26% des patients (n=16). En postopératoire immédiat, 7,40% des patients (n=2) avaient présenté une dysphonie à type de voix bitonale, et avaient bénéficié d’une prise en charge médicale. L’examen histologique de la pièce opératoire notait un goitre hétéro nodulaire chez 16 patients (59,26%), hétérogène chez 8 patients (29,63%), il n’y avait aucun cas de malignité. La mortalité était nulle. A 6 mois de suivi post opératoire chez l’endocrinologue, seulement 5 patients (18,51%) sur 16 avaient été retrouvés et avaient avec une bonne évolution clinique.
Conclusion : Les volumineux goitres sont assez fréquents à l’HNN, le retard de consultation en est un facteur favorisant entrainant des signes de compression. La thyroïdectomie totale reste le traitement de choix et permet d’obtenir des résultats satisfaisants, si elle est bien préparée

Renseignements sur l'article

Comment citer
Saïdou , A. . (2022). Quelle prise en charge pour les gros goitres ? expérience de l’Hôpital National de Niamey . Journal De Chirugie Et Spécialités Du Mali, 1(1), 1–7. Consulté à l’adresse https://revues.ml/index.php/jcsm/article/view/2245
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