L’impact du retard de remboursement de la gratuité des soins sur les centres de santé de référence au Mali
Mots-clés :
politique de gratuité, remboursement retardé.Résumé
Résumé
Introduction : La Politique nationale de protection sociale adopté par le gouvernement du Mali a pour vision « d'assurer un minimum de bien-être à tous les Maliens, en luttant contre l'insuffisance monétaire, l'exclusion sociale et la discrimination ». Le financement du système de santé et de la protection sociale sont assurés par une dotation globale issue du secteur public (ressources fiscales, fonds avancés par les partenaires techniques et financiers et la tarification à l’activité (les efforts financiers personnels des usagers aux services de santé). La gratuité de certains soins est assurée à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. L’État s’est constitué en tiers payant pour toutes les catégories de bénéficiaires, sur une base de remboursement forfaitaire : les formations sanitaires facturent les prestations à l’État, qui les rembourse a posteriori. Nos questions de recherche ont été :1-Quel financement pour la politique de gratuité au Mali ? 2-Le retard de remboursement de la politique de gratuité a-t-il un impact sur les finances des centres de santé de référence ?
Méthodologie : Notre recherche était basée sur l’analyse des données financières disponibles sur les différents centres de santé de référence sur la période 2020-2021. Résultats : En 2021, il y a eu 10 510 demandes de traitements adressées à l’agence nationale d’assistance médicale pour remboursement dans le district de Bamako. 47% des remboursements étaient relativement concentrés sur des durées de trois mois. 17% des centres sont payés sous deux mois. Les centres payés avec un retard supérieur à 10 mois représentaient 13 % du total. Aucun centre ne fut remboursé sous un délai d’un mois. Conclusion : Les retards de remboursement observés compromettaient l’équilibre financier des centres de santé de référence, qui devaient préfinancer les soins gratuits. Cette situation fragilisait le mécanisme de gratuité en compromettant la pérennité du dispositif.